Les naturiens, par Renaud Garcia (Bibliothèque verte de Pièces et main d’œuvre)

Les naturiens
(environ 1890-1945)

Mis en ligne par Pièces et main-d’œuvre sur leur site le 17 août 2020

Les années 1894-1914, qualifiées de « Belle Époque » à la suite de la Grande Guerre, n’ont sans doute eu de beau que le nom. À l’intérieur comme au-delà des frontières, le capitalisme industriel étend son emprise. Inégalités sociales, misère, crises politiques (l’affaire Dreyfus au premier chef) remplissent concrètement les promesses de la chimie, de l’automobile et du pétrole. Les trois idoles du progrès et de la civilisation machinistes.

Contrairement aux masses, certains n’y croient pas. Modestes anarchistes, ils font sécession d’avec leur propre camp pour opposer à la « ville tentaculaire, au luxe insolent, au mensonge, à la chimie meurtrière, à la vie artificielle, aux forces du mal et de la contrainte » le principe de la liberté dans la nature. Sous l’impulsion du dessinateur et publiciste Émile Gravelle (1855-?), figure de la bohème de Montmartre, créateur en juillet 1894 du journal L’état naturel et la part du prolétaire dans la civilisation, ils se rallient à la position naturienne : une intuition qui soutient la volonté, révolutionnaire, de changer de mode de vie, afin d’arracher la classe ouvrière aux séductions de la science qui facilite la vie. C’est que ces libertaires-là ont tiré les leçons de l’activisme des poseurs de bombe du début des années 1890. Suite à une vague d’attentats, la répression de l’État est devenue féroce, avec ses « lois scélérates ». L’échec de la « propagande par le fait », entendue de façon étroitement explosive, entraîne la dislocation des groupes et structures militantes. L’horizon d’un soulèvement spontané des masses, attisé par l’étincelle de la dynamite, se perd dans un lointain avenir jamais atteint. Nombre d’anarchistes se tournent vers l’organisation syndicale de la lutte sociale. Pas les naturiens qui, minoritaires entre les minoritaires, entendent tout autrement le terme « révolution ».

Les révolutionnaires (communistes, socialistes, anarchistes), dit Gravelle dans un texte du journal Le naturien, en 1898, tombent chaque fois dans la même ornière : « ils s’en prennent aux hommes tandis que c’est le système matériel d’existence qui est féroce ». Un système qu’il faut bien appeler par son nom : industriel. Ce mot qui désigne la recomposition artificielle, scientifique et technique, de ce que la nature donne pour rien, puis sa vente à ceux qui sont en mesure de se l’approprier : travailleurs et employés.

Les naturiens voudraient leur ouvrir les yeux, attiser la conscience de leur esclavage. Les partisans de la liberté dans la nature ne se battront pas à leurs côtés pour une réappropriation démocratique de l’appareil de production. L’ouvrier « libre », avance Gravelle, « mis en demeure de travailler ou de mourir de faim, qui pratique aussi toutes les industries concourant au « Progrès matériel » – toute la civilisation », c’est encore et toujours le serf, tout entier dévoué à l’Artificiel. Qu’il descende dans la « mine asphyxiante, s’enfourne dans l’usine brûlante, peine sur le chantier à ciel découvert sur terre et sur mer », le voici exposé à tous les périls, à toutes les catastrophes. Et lorsque, paysan, « il a desséché et stérilisé la terre, il veut maintenant forcer sa production par l’emploi d’engrais chimiques et n’obtient plus que des produits dénaturés qui débilitent les hommes et les animaux » (L’état naturel, n°4, février 1898).

L’anarchisme officiel, aussi dogmatique que les autres courants de pensée, ne peut supporter la déviation représentée par ce « naturisme libertaire », défini par le cheminot Henri Zisly (1872- 1945), autre figure de proue du mouvement. Le cordonnier Jean Grave, directeur des Temps Nouveaux, un des principaux organes anarchistes de l’époque, rejette les textes et actions des naturiens comme autant de « divagations » de cerveaux instables. Alors, on n’en parle plus et l’on se voue, corps et âme, à la lutte pour la démocratisation du Progrès.

Les naturiens passent outre ces condamnations et poursuivent leur propagande en faveur d’une vie délivrée des poisons industriels, examinant sans fard les attraits que l’on pourrait encore trouver à la civilisation et les vices qu’on lui doit. Les brochures, conférences, réunions et appels à fonder des colonies naturiennes ne se convertissent pas tout de suite en tentatives concrètes. Il faut attendre pour cela l’élaboration d’une « société pour la création et le développement d’un milieu libre en France », à l’initiative de Zisly, du théoricien anarchiste individualiste Émile Armand et du charismatique Georges Butaud (1868-1926). Conçu comme un exemple frappant, susceptible d’inciter les révoltés contre l’ordre social à se déprendre ici et maintenant des contraintes du système industriel, le milieu libre de Vaux, dans l’Aisne, voit le jour en 1902 sous l’impulsion de Butaud et de sa compagne Sophie Zaïkowska (1874-1939).

D’autres expériences suivront, comme l’« essai d’Aiglemont », dans les Ardennes, de 1903 à 1909, l’essai de Saint-Maur, à partir de 1913, la colonie de Bascon, à nouveau dans l’Aisne, à partir de 1911 jusqu’en 1951, ou encore la « cité végétalienne Terre libérée », fondée en Touraine, en 1924, par Louis et Clémence Rimbault. Inscrites dans les marges de l’histoire de l’anarchisme ouvrier, sensibles à des questions féministes comme la maternité consciente ou la limitation des naissances, les initiatives naturiennes participent d’expériences sociales dissidentes en divers endroits de l’Europe. Par exemple le mouvement de la « réforme de la vie » (Lebensreform) en Allemagne, avec la colonie de Monte Veritá, où s’implique un temps Gustav Landauer ; le socialisme poétique et agrarien du britannique Edward Carpenter, expérimentant la vie en communauté dans sa ferme de Millthorpe ; ou encore les multiples communautés tolstoïennes, partageant l’idéal de simplicité du sage de Iasnaïa Poliana, et souvent son végétarisme.

Quant à Kropotkine et Élisée Reclus, deux figures de l’anarchisme, en qui nous reconnaissons aussi nos anciens, ils n’hésitent pas à encourager les efforts communautaires de ceux qui cherchent à vivre « en dehors ». Mais leur soutien ne vaut pas adhésion pleine et entière. Le théoricien russe, sollicité en Angleterre en 1895 pour devenir le trésorier d’une colonie à Wearside, admet le peu de confiance qu’il place dans ces projets de colonies communistes, regrettant toujours de voir des hommes et des femmes de valeur s’apprêter à subir toutes sortes de privations pour ne trouver, dans la plupart des cas, que déception à la fin.

Reclus, végétarien ayant rendu visite aux colons de Vaux, en 1903, rend raison de tels doutes : les communes modèles ont le défaut capital d’être établies en dehors des villes « où se brassent les hommes, où surgissent les idées, où se renouvellent les intelligences (1) ». Résumons et analysons tour à tour ces deux propositions : les essais inspirés par le retour à l’état naturel pourraient bien tourner court, victimes de la promiscuité, de l’enfermement communautaire, des jeux de rivalité et de jalousie ; pour qui n’a pas rompu avec l’espoir d’un soulèvement des masses, c’est encore l’air de la ville, avec ses multiples relations sociales, qui émancipe.

À suivre l’évolution du mouvement naturien depuis 1895 jusqu’aux communautés végétaliennes d’après-guerre, on ne peut donner entièrement tort à Kropotkine, du moins pour la première partie de l’argument. D’une rue à l’autre, d’un mois à l’autre, les groupes se tiennent en respect puis s’attaquent. Les exemples sont légion. Ainsi d’Honoré Bigot (1856-1932), militant de la première heure, qui se méfie bientôt de Zisly et Beaulieu (dit Henry Beylie), les rédacteurs de la Nouvelle Humanité, en raison de leur « autoritarisme ». Prenant des positions « sauvagistes » (on dirait aujourd’hui « primitivistes »), il crée avec le cordonnier Alfred Marné le journal Le Naturien, puis L’Âge d’or, afin de se démarquer des prétendues compromissions de Gravelle, Beylie et Zisly. Les publications, souvent éphémères, se succèdent au rythme des réajustements de la théorie. La charge libertaire des premières revues se dissipe quelque peu, après-guerre, chez des personnages comme Rimbault, Butaud ou Zaïkowska qui mettent l’accent sur les questions hygiéniques, diététiques et spirituelles. Mais là encore, les élans du début s’effilochent. Rimbault, passé au végétalisme, participe à la revue Le Néo-Naturien, lancée en 1921. Mais la revue Le Végétalien, fondée en 1925 par le couple de Bascon, finit par couler la publication qui lui est chère. Rupture provisoire et aigreur.

À l’intérieur des communautés, dans les réunions, passent des personnages hauts en couleur et des influences surprenantes. Voyez la « Rolande », Léonie Fournival (1864- ?), féministe, pratiquant l’amour libre, qui adhère en 1901 au groupe des anarchistes naturiens. Toujours à la limite de la mendicité, elle cherche à incorporer dans le mouvement français les principes tolstoïens qu’elle a expérimentés en Angleterre : végétarisme et douceur envers les animaux. Vêtue comme une militante de l’Armée du Salut, elle contribue à cette propagande tout en prétendant maîtriser les sciences occultes et la métempsycose. Voyez encore l’influence du docteur Paul Carton sur le courant végétalien, un scientifique dont les préconisations diététiques seront tenues par les plus libertaires pour du spiritualisme ésotérique. L’ordinaire de la vie communautaire est, pour le reste, émaillé de conduites conflictuelles, incohérentes ou parasitaires. La polygamie, expérimentée par Butaud à Saint-Maur, « ne va point sans causer quelques aléas », comme le rapporte Zisly. C’est lui qui remarque en 1907, dans son bilan de l’expérience de Vaux, que les actifs y labouraient la terre « pendant que les naturiens et les végétariens roupillent jusqu’à midi ou s’en vont sous les arbres lire Stirner ». Autant de griefs familiers aux connaisseurs des communautés des années 70 et aux néo-ruraux d’aujourd’hui.

Quant à Louis Rimbault, les derniers temps de sa colonie végétalienne Terre libérée parlentd’eux-mêmes. Veuf en 1927, un accident le laisse paraplégique en 1932. Un an plus tard, deux des cinq membres permanents de la communauté l’abandonnent, seul en compagnie d’une jeune femme atteinte d’un retard mental, de vingt-cinq ans sa cadette, qu’il se résoudra à épouser. Rimbault poursuit les collaborations avec les journaux anarchistes individualistes jusqu’à son décès en 1949, il continue d’accueillir des visiteurs qui jamais ne se fixent dans la colonie. Lâché de tous, cible du qu’en-dira-t-on, son expérience semble un échec cuisant. La joie de vivre qui s’en dégage paraît aussi sinistre que celle du roman éponyme de Zola. Ces échecs incitent à souscrire à la thèse de l’historien Arnaud Baubérot, pour qui la surenchère théorique et militante – une revue chassant l’autre, une étiquette remplaçant telle autre suspectée de compromission bourgeoise (naturien, naturiste libertaire, sauvagiste, néo-naturien, végétarien, végétalien, crudivégétalien – végétalien qui refuse de cuire ses aliments) – aurait été surtout un moyen de compenser l’isolement, la décomposition et la marginalité, à l’aide de signes identitaires partagés.

Argument recevable, mais incomplet. Rappelons-nous : un Élisée Reclus pouvait souligner les limites des communautés naturiennes, coupées de l’air émancipateur de la ville. Cent ans après, l’atmosphère urbaine est devenue irrespirable : saturée de particules fines et d’ondes condamnant les individus porteurs de données à l’incarcération dans les rets de la smart city. Poussés en avant par le Progrès, la porte s’est refermée derrière nous. Seul un faible rai de lumière s’y faufile par en dessous. C’est le rappel d’une vie ramenée à l’état naturel, qui fut pensée une première fois, au sein de ce que l’on appelle la critique sociale, par les naturiens. Une fois perçue, on ne voit plus que cette lueur libératrice, et l’on s’y tient. Car en dépit des multiples petites différences, une unité d’inspiration se dégage. La nature des naturiens, c’est un principe, un critère de jugement des œuvres du progrès. Revenir à la nature, c’est refuser la « civilisation » telle quelle, c’est-à-dire tout ce qui entoure les hommes du luxe et du machinisme, sous les auspices de la science. C’est lui poser la question : qu’en retenir ? Jusqu’où ? Pour la satisfaction de quels besoins ? Principe, critère de jugement, mais refuge aussi.

Des premiers naturiens (Gravelle, Zisly) jusqu’aux végétaliens (Butaud, Zaïkowska, Rimbault), l’étude des lois naturelles (seule science admissible) désigne la possibilité, offerte à tous, de satisfaire les besoins organiques et sociaux en conjuguant plaisir et satiété. Celui qui, délivré de la gangue des plaisirs en excès, réapprend à vivre selon l’état naturel, cultive la « mesure où il n’est plus permis qu’un homme soit dépouillé », comme le dit Aug. Trousset, ce mystérieux naturien sans trace biographique disponible, auteur en 1905 du traité Civilisation et naturianisme.

Faute d’avoir saisi la portée de cet épicurisme libertaire, en le confondant avec une apologie du retour au primitif (position restée minoritaire dans le mouvement naturien), le prolétariat, et ses brillants théoriciens socialistes, sont restés captifs du rêve industriel : se soumettre à la discipline du travail salarié dans l’espoir de s’emparer d’une production matérielle excédentaire, dont on pourrait jouir enfin en déléguant aux machines les tâches pénibles. C’était refuser de voir que l’exploitation de l’homme par l’homme (décrit par de nombreux textes naturiens comme le « parasitisme » des propriétaires bourgeois), impose la dégradation de la nature, qu’il s’agisse du milieu vital ou du corps lui-même. Autrement dit, une production machinisée et scientifique engendre nécessairement, sous couvert de progrès, tout un déchainement de nuisances, depuis la guerre totale jusqu’à l’alimentation chimique, en passant par la dégradation des sols, la disparition des savoir-faire (jardinage, élevage, apiculture, pisciculture, tissage, couture), les maladies, les épidémies, la dégradation de l’expérience de l’espace et du temps et le déni de l’effort. Autant de thèmes traités directement par les partisans du naturisme libertaire. Songez à votre expérience de piéton dans les rues des grandes villes, grouillantes de trottinettes, vélos électriques, scooters, 4×4, entre autres « nouvelles mobilités », et lisez ces remarques de Zisly, en 1918 : « Vous voyez d’ici les agréments de la vie scientiste. Les individus n’auront plus besoin de jambes, par exemple, vu la multiplication des moyens de locomotion et celui qui serait assez fou pour marcher à pied serait d’abord regardé comme un véritable phénomène et ensuite écrasé par quelque engin de meurtre, auto, vélo ou autre ».

Les intellectuels diplômés, libertaires ou non, pourront moquer le simplisme de cette assertion du cheminot Zisly, et de ses compagnons dessinateur, chansonnier, bourrelier, couturière, comptable ou tailleur de pierre : « la civilisation est le mal, la nature le bien ». Ils riront moins quand leur sera rappelée l’inanité de la croyance qui, sans cesse, a conduit leurs élans révolutionnaires à l’échec : « le machinisme féerique où tout se ferait presque par miracle […] engendre l’esclavage ».

C’est que pour les naturiens, à l’encontre des marxistes et de bien des anarchistes, l’homme n’est pas d’abord un producteur, qui en tire un droit à consommer. C’est un vivant qui a le droit à la subsistance « par le fait qu’il naît », comme le souligne Trousset. Nature et indépendance. Une conception qui, soit dit en passant, permet de distinguer le coin de terre qui nous est assigné parce qu’on y est né et la patrie dont l’amour est imposé par le groupe. On ne s’étonnera donc pas que les naturiens aient été de farouches antimilitaristes.

Les partisans de la révolution efficace se gausseront aussi de la condamnation des aliments de mort (viande, tabac, alcool, sucre industriel) chez les naturiens, tout comme des querelles entre végétariens et végétaliens, ces derniers soutenant que la consommation de produits animaux, outre la viande, n’exige pas moins l’industrialisation des conditions de vie des bêtes. Peut-être auront-ils du mal à trouver savoureuse la « basconnaise », cette salade « d’infinie variété » concoctée par Louis Rimbault, plat phare du végétalisme. À vous de voir et d’éplucher : pour une personne, 30 grammes de carottes, betteraves, topinambours, pommes de terre, navets, céleris-raves, radis ; 120 grammes de choux et de salades diverses ; 120 grammes de pommes de terre cuites en robe des champs ; 2 grammes d’huile d’arachide et un gramme de sel de cuisine ; 5 grammes d’oignon, un peu de persil, de cerfeuil ou de fenouil.

Divertissement futile face aux tâches militantes ? Ce serait oublier l’intuition première des colonies végétaliennes, ainsi résumée par Butaud et Zaïkowska : « tendre à se perfectionner, à devenir un élément moins dispendieux, c’est améliorer la société tout entière dans toute la mesure que l’effort industriel peut rendre » (Étude sur le travail, 1912). Nouvel écho de la révolution à la manière de Tolstoï, laquelle, nécessairement, doit précéder toute révolution sociale. Sans travail sur les besoins, sans souci de perfectionnement moral, l’échec est assuré. Des hommes, officiellement anti-capitalistes, libertaires, anarchistes, encore dotés des mêmes appétits justifieront, d’une manière ou d’une autre, la coercition afin de satisfaire leurs désirs sans borne. Aussi Butaud préfère-t-il le terme « autarchiste » à celui d’anarchiste : on ne saurait se délivrer de ses maîtres illégitimes sans être d’abord son propre maître.

Ceci a été dit il y a un siècle. Ce qui a été véritablement pensé une fois peut l’être une autre fois, et d’autres encore, en dépit de l’oubli. Les thèmes des libertaires naturiens ont resurgi dans la contre-culture des années 1960 (voyez Marcuse, Bookchin, Roszak, Ellul, Françoise d’Eaubonne). Avant un nouveau reflux. Maintenant que la bannière libertaire semble passée, sans rire, des mains d’une Sophie Zaïkowska à celles de Paul B. Preciado (2) et de tous celleux qui, à sa suite, considèrent d’une manière ou d’une autre que la nature est « fasciste », on éprouve quelque fierté à se revendiquer d’une conception libertaire naturienne. Mais, pour sacrifier à la désinence française en matière de courants d’idées, naturisme et naturistes, tout court, pourraient être nos noms véritables (à ne pas confonde avec les « nudistes »). Hommage à l’idéal de ceux qui s’honorent d’être nés, et voient dans la nature le milieu même de la liberté.

Renaud Garcia
Été 2020

Notes

1. Élisée Reclus, L’Anarchie, Les Temps nouveaux, 1896.

2. Les éditions Libertalia publient en effet le prochain ouvrage de Preciado, assurément fondamental, intitulé Terreur anale.

Lectures

• Revue Invariance, supplément au numéro 9, série IV, juillet 1993 : Naturiens,
végétariens, végétaliens et crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français (1895-1938).
Recueil de textes.

• François Jarrige (prés.), Gravelle, Zisly et les anarchistes naturiens contre la civilisationindustrielle, Le passager clandestin, 2016.

• Arnaud Baubérot, Histoire du naturisme. Le mythe du retour à la nature, Pressesuniversitaires de Rennes, 2004.

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1 commentaire

  1. Debra

     /  3 septembre 2020

    Je prenais ma température (non, pas avec un thermomètre…) en lisant cet article qui pourrait être très proche de ma sensibilité sauf que….
    Je m’interroge copieusement sur l’opposition antagoniste et frontale entre nature et civilisation et je m’interroge copieusement sur le rapport à l’animal qui s’en dégage.
    Questions : peut-on « aimer » les animaux, et les manger ? où est le mal à être… un prédateur ? Il est trop facile d’incriminer le monde scientifique techno-industriel en le rendant responsable du fait que nous mangeons de la viande, mais dans ma famille, dans les années 70, j’ai au moins entendu tuer… le cochon. Il n’était pas à l’abattoir, et il n’était pas content de mourir, mais la famille était très contente d’avoir toutes ces saucisses, côtelettes, boudins, lardons, etc. Rien ne se perd dans le cochon…
    Certes, il y a un monde entre élever les poules, un ou deux cochons, et l’élevage industriel, avec les abattoirs qui SONT LOIN des yeux de Monsieur/Madame/le petit Citadins qui reçoivent leur viande en pièces détachées, un peu comme.. des charognards ? qui ne sont pas passés par l’obligation de mettre à mort pour manger.
    Il y aurait beaucoup à dire sur la différence entre un humain qui a été obligé de mettre à mort pour mettre sous la dent, et un humain qui achète sa nourriture alors que le « sale » boulot a déjà été fait. A mon avis, il y a un monde entre ces deux humains. Je précise que je n’ai jamais tué un animal pour le mettre sous la dent, mais à l’heure qu’il est, je ne voudrais pas.. flancher si jamais je devais le faire. Tout en étant reconnaissant envers l’animal.
    Mais je continue à penser qu’un prédateur/les prédateurs ne sont pas.. méchants. Ils ne sont pas le diable, et nous ne sommes pas le diable de TUER et de manger d’autres animaux. Un peu de raisonnement de la part de ceux qui voudraient revenir ? à « lanature » permet de constater qu’il y a des animaux qui tuent d’autres animaux pour manger. C’est… NATUREL.

    Le déploiement continu du Darwinisme dans notre civilisation chamboule notre perception de ce que nous sommes, et de ce que c’est que d’être Homme (encore que Pythagore était végétarien…).
    Nos livres les plus anciens constatent des oppositions frontales ? entre citadins/campagnards et éleveurs de céréales et éleveurs de bétail. Ces deux catégories ne s’entendent pas très bien. Il y a des tensions, des conflits permanents entre des personnes dont les INTERETS ne sont pas les mêmes.
    Pour ma part, tout en vivant une vie très recluse, et essayant de réduire mon aliénation aux machines, je n’oublie jamais que l’endroit où je passe de longues heures (mon piano à queue) est un lieu PRODUIT par la révolution industrielle.
    Naturisme/industrialisme : pur/impur ?
    L’histoire humaine, et au delà, montre qu’on peut perdre sa vie à s’acharner à séparer le pur de l’impur. (Et nous avons un bel épisode devant nos yeux en ce moment.)

    Pour les communautés, je me demande si on peut les vivre sans être… communiste ? Et de manière ponctuelle ? Et… quelles communautés ? A partir de quel nombre faisons-nous communauté ? Le problème de la communauté, c’est de déterminer CE QUE NOUS AVONS (SOMMES ?) EN COMMUN. Vaste projet, vaste problème…

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