Lucile Leclair, « Hold-up sur la terre » (introduction & note de lecture de Guillaume Delaite)

Introduction de Hold-up sur la terre

Lucile Leclair
Hold-up sur la terre
Le Seuil, 2022

Une nouvelle guerre pour l’accès à la terre 

Les terres agricoles couvrent 54 % de la superficie de la France métropolitaine. Des champs, des talus, des collines, des chemins creux : un beau pays ! Mais derrière une campagne en apparence paisible se livre une bataille sans précédent. Car depuis une dizaine d’années, la terre attire les grandes entreprises. Après avoir avalé la transformation des produits agricoles et la distribution, elles investissent la production agricole elle- même. Enseignes de la grande distribution, leaders de l’agroalimentaire, du secteur pharmaceutique ou du secteur cosmétique : ils sont de plus en plus nombreux à convoiter le patrimoine agricole. Nous ne disposons actuellement d’aucun chiffre pour mesurer cette réalité. Mais les histoires inédites que nous allons raconter, mises bout à bout, témoignent de l’appropriation de milliers d’hectares en France par les grandes puissances industrielles.

Une transaction révélatrice a marqué en 2016 les esprits : la société chinoise Reward, spécialisée dans l’agroalimentaire, avait acheté incognito 1 700 hectares dans l’Indre, au sud d’Orléans. Mais les sociétés étrangères ne sont pas seules à investir le terroir. De grands industriels français entrent dans la course au foncier. Comment Fleury Michon achète-t-il de la terre dans l’Ouest de la France ? À quoi servent les fleurs que fait pousser Chanel ? Pourquoi Auchan veut-il remplacer des agriculteurs proches de la retraite ?

À l’image de nombreux autres secteurs, les firmes multinationales sont en train d’investir le domaine de la production agricole. On avait déjà vu le remplacement de la supérette de quartier par une grande chaîne. Les petites et moyennes entreprises (PME) disparaissent, au profit des plus grandes. Ce changement s’étend désormais à l’agriculture.

Quand une grande entreprise acquiert des terres agricoles, celles-ci deviennent gérées par des dirigeants en col blanc. Une « exploitation agricole de firme », comme on peut appeler ces nouvelles entités, applique des techniques numériques et des nouveaux standards de production. Céréales, fruits, légumes, viande : son système est intensif, même s’il est parfois bio et à faible bilan carbone. Autre caractéristique : la plupart du temps, l’exploitation agricole de firme passe inaperçue. À des centaines de kilomètres, les dirigeants surveillent sur leurs écrans les cours des matières premières. D’un bout à l’autre de la France, c’est la même variété de graines qu’on cultive, la même race d’animaux qu’on élève. L’alimentation passe sous le contrôle d’entreprises moins soucieuses de la diversité du vivant que de leur cote boursière.

Flambée du prix des terres, agrandissement des fermes, uniformisation du paysage, les conséquences sont nombreuses. Une grande entreprise surgit pour les agriculteurs locaux comme un concurrent venu d’un autre monde. Ses bilans comptables sont peu comparables à ceux d’une ferme classique. Dans l’exploitation agricole de firme, le travail repose sur des ouvriers salariés. Indifféremment selon le terroir, ils produisent pour la marque qui a acquis la terre. Grâce à l’augmentation des rendements, « l’agriculture de firme » contribue à l’accroissement de la production agricole. Mais rien ne garantit cette contribution sur le long terme. Elle repose sur le maintien d’une rentabilité élevée des capitaux investis. Si les perspectives de profit semblent insuffisantes, les investissements cessent et les firmes se retirent au plus vite du secteur de la production.

Leurs atouts, en plus de cette grande souplesse ? Elles inventent leurs propres lois. Elles tirent profit d’une économie agricole qui s’est écroulée : un secteur en crise devient plus vulnérable aux investissements extérieurs. Elles agissent sans freins. Ou presque.

Ce livre est une expédition au sein d’un monde fermé où tout se joue à pas feutrés. Il propose de comprendre pourquoi la France voit se développer une dynamique de concentration foncière d’un nouveau genre, qui constitue une source d’inquiétude pour les paysans. Car si ces nouveaux investisseurs partagent parfois avec les agriculteurs de réels intérêts, ils font aussi disparaître une façon d’exercer le métier. Et, au-delà du milieu agricole, l’arrivée des grandes entreprises au village apporte un profond changement. Une logique minière se répand dans les campagnes. Non reproductible et limitée, la terre est un nouvel or à prendre. Au détriment de l’intérêt de tous.

Pour découvrir cette enquête, je vous propose sept étapes. Nous allons commencer par observer comment agissent certaines grandes firmes à la campagne, puis nous extraire de cette actualité pour prendre du recul et observer ce qu’a représenté la terre, pour les paysans, à travers l’histoire. Notre troisième chapitre expliquera les causes de l’arrivée de ces investisseurs. Les trois étapes qui suivent correspondent aux conséquences économiques, sociales et environnementales du phénomène. Enfin, dans le dernier chapitre nous verrons qu’un autre avenir pour la terre est possible.

***

Version imprimable de la note de lecture de Guillaume Delaite

Guillaume Delaite

Note de lecture sur Hold-up de Lucile Leclair

Lucile Leclair est assurément une personne qui a le don de l’enquête, ce qui est devenu presque héroïque dans notre époque de journalisme de factcheckers, où la vitesse du double clic remplace la lecture, le déplacement, l’observation et les questions franches.

Dans Hold-up sur la terre, l’agriculture de firme est abordée sous l’angle de la prédation foncière. C’est une enquête à l’échelle de la France. Pour mes amis et moi qui sommes en quête de terres agricoles dans le Sud-Aveyron (zone Roquefort Lactalis) pour sécuriser et développer de manière collective ce que nous avons commencé individuellement, ce que décrit ce livre est révoltant. Il commence à éclairer des barrages peu connus qui se mettent en travers de nos recherches. Car Lucile Leclair étaye un phénomène relativement nouveau hormis dans le vignoble, en tous cas récemment révélé.

Ce phénomène nouveau amène la journaliste à tenter de pousser, avec plus ou moins de succès, les portes de ces fermes de firmes : Reward dans l’Indre, Pierre Fabre dans le Tarn, Altho en Bretagne, Auchan à Lille, Euricom en Camargue, Chanel à Grasse etc.1 A défaut de pouvoir parler à leurs directions, elle rencontre leurs ouvriers ou les voisins retraités qui leur ont vendu les terres. Les motifs de ces firmes pour se mettre à exploiter la terre par elles-mêmes semblent se situer dans une fourchette allant du greenwashing le plus plat – produire une petite part d’agriculture bio locale – à l’optimisation des coûts, à la maîtrise de la filière. Ce dernier objectif est une rupture pour qui connaît un peu l’histoire de l’agroalimentaire français. En France, le process industriel était plutôt de faire peser l’extraction du minerai agricole sur les épaules de l’agriculture familiale, l’agroalimentaire le transformant après. La prise de risque, le suicide et le burn-out – tous facteurs de sélection – étant ainsi externalisés sur une population paysanne qui se réduit aujourd’hui à 400 000 personnes. Qu’est-ce qui pousse donc les capitalistes à cette rupture de méthode ? Lucile Leclair fait l’hypothèse de la sécurisation des investissements dans la terre agricole. Il est tout aussi probable que l’extraction de richesse dans les autres domaines industriels soit arrivée à une limite de rendement, et qu’il faille donc aux capitalistes revenir explorer l’agriculture en mode fin du monde en se passant des intermédiaires. L’accaparement des terres par des entreprises capitalistes de l’agroalimentaire ou de la cosmétique est donc considéré comme un phénomène de rupture, ce point de vue motivé par Lucile Leclair pourrait en outre être développé dans un point de vue de continuité. Depuis longtemps, la tertiarisation de l’agriculture est opérante, absolument tous ces aspects ont commencé à être externalisés, pas seulement le travail des champs, mais aussi la comptabilité des fermes, la technicité des cultures et des élevages etc. Le saut à une agriculture de firmes étant ainsi une suite logique.

Le livre de Lucile Leclair donne un sens historique à ce que cette emprise capitaliste sur les terres signifie pour les travailleurs. L’enquête est en effet audacieusement entrecoupée d’une fiction, une saga familiale « à la hauteur d’un carré de terre »2, qui figure les différentes phases de la paysannerie depuis l’époque féodale. Le serf qui dépend totalement de son seigneur, le locataire de son bourgeois et de son usurier, tous deux paysans sans terre et relativement nomades, main-d’œuvre à exploiter. Et enfin le paysan propriétaire qui conquiert sa terre, qui se défait de son usurier par la création du crédit agricole (1880) et dont la sécurité d’entreprendre se voit encadrée par la mise en place de la société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer, 1961). Ce balisage historique que je résume trop fortement ici tient lieu de trame à l’opus de Lucile Leclair. Aux 19e et 20e siècles, les paysans français accèdent à la propriété. C’est une manière de canaliser leur révolte (« faire chausser aux paysans les chaussons de la République » Léon Gambetta) et ce transfert capitaliste est rendu possible parce que la bourgeoisie lâche le foncier agricole pour investir dans l’industrie. La phase actuelle, où fermes et champs sont achetés par les puissances capitalistes, ressemble donc à un néoféodalisme de firmes où le paysan sans terre est un travailleur flexible. « Dans un rapport du ministère de l’agriculture publié en juillet 2020, on parle de  »tertiarisation de l’agriculture ». Ce qui était, à l’origine, un secteur primaire développe les traits d’un secteur de services. Prenant un contrat de travail çà et là, de parcelle en parcelle, l’agriculteur pourrait devenir un sans-terre, un travailleur volant. Les auteurs du rapport précisent que le numérique gagne ce nouveau marché. Dans les dernières années, des plateformes ont ainsi émergé, mettant en lien un agriculteur prestataire et un client propriétaire.  »Les prestataires s’inscrivent sur le site en indiquant leurs offres (outils, prix, disponibilités) pendant que les clients à la recherche d’un prestataire indiquent les caractéristiques des travaux à réaliser ». Des entrepreneurs sans sécurité de l’emploi, qu’on mobilise en deux clics sur les applis : assisterait-on à une ubérisation du monde agricole ? »3

A la destruction du statut du travailleur agricole correspond aussi une accélération de la destruction de la terre agricole. Si le paysan tend idéalement à prendre soin de son bien, travaille la terre quand elle « a saison », ramène la fumure produite par polyculture, ou redécouvre la vie du sol comme alliée nécessaire, l’agriculture de firme ne peut avoir cette qualité de soin car sa main-d’œuvre est limitée et ses intuitions pauvres. Un prestataire qui doit amortir son engin sur 500 hectares par saison n’aura pas le choix des bonnes fenêtres météo sur toutes les parcelles à travailler. « Il viendra quand il pourra ». En mode chimique l’agriculture de firme compensera donc la mort biologique du sol par l’utilisation des pesticides et des engrais de synthèse, l’interview d’un ouvrier Euricom en Camargue est particulièrement significative sur ce sujet. En mode biologique l’enquête de Lucile Leclair n’apporte pas grand-chose, mais il est tout à fait certain, comme le font les grands légumiers du pays nantais, que ce sera par la sur-mécanisation, voire la robotisation pour assurer le désherbage. Du reste, Lucile Leclair a totalement raison, il pourrait y avoir une agriculture de firme qui ne détruit pas le sol, qui systématise même une agriculture de régénération sur de très grandes surfaces. Sur des paysages fertiles, repensant conjointement photosynthèse, cycles de l’eau et du carbone. On imagine la superbe publicité que n’importe quel trust de l’agroalimentaire se ferait dans un décor agroforestier. C’est techniquement possible. Ce pourrait même être très rentable. Mais l’essentiel n’est pas là : une telle agriculture de trader nous est simplement ennemie. C’est véritablement un monstre.

Le chapitre s’intitulant « Comment contourner la loi et embobiner les Safer » est riche d’enseignements sur la façon dont ce monstre s’impose. Le rôle d’arbitrage dévolu aux Safers est une exception mondiale, même européenne. Mais cet étrange frein au latifundisme 2.0 n’était que momentané. Il peut tout à coup devenir un accélérateur évident. La régulation est en tout cas inopérante sur la prédation foncière des firmes par prise de parts dans les sociétés agricoles. Les tentatives législatives pour donner pouvoir aux Safers d’intervenir plus largement (deux propositions de loi de Dominique Potier, député socialiste) ont été exclues pour entrave à la « liberté d’entreprendre ». La loi macroniste concernant la régulation des terres agricoles enfin votée en 2021 permet « de plus grandes fermes » et « les projets qui apportent au  »développement économique » local (…) La nouvelle règle permet aux entreprises d’avoir un laissez-passer. Avant la loi, elles le prenaient sans demander. Il est maintenant possible de l’obtenir de la main des autorités. »4. Autre nouveauté qui s’ajoute à ces parades de bureaucrates néolibéraux : la compensation. Les riches entreprises pourront acheter la terre à condition d’installer des petits paysans sur une partie…

Pour prendre toute la mesure du caractère monstrueux de cette agriculture qui commence à se profiler dans nos campagnes, il faut aussi lire le livre précédent de Lucile Leclair paru en octobre 2020 aux mêmes éditions (Seuil Reporterre) Pandémies une production industrielle. Celui-ci aborde l’agriculture de firme sous l’angle de la biosécurité. En quelques mots, pour donner à Hold-up sur la terre une profondeur de vue, et parce qu’il n’a à mon sens pas assez été lu et commenté, ce précédent essai sur les pandémies décrit la manière dont les instances sanitaires mondiales emmenées par les géants de la production de viande prototypent des usines nouvelle génération seules à même de coller avec les nouvelles normes de biosécurité. Le confinement des « animaux », il faudrait plutôt parler de clones immunodéprimés tellement leur génétique a été bidouillée, mais aussi le confinement des « opérateurs », la traçabilité des flux entrants et sortants d’aliments, de matériel et de déchets, comme dans les industries nucléaires ou chimiques, garantissent aux trusts une liberté de commerce international. Les exportations de cette agro-industrie classée au niveau 4 seront donc exempts de tests et ce malgré les situations épidémiques exceptionnelles. Les destructeurs de la santé se construisent donc une situation d’exception pour continuer leur négoce. La sécurité alimentaire et sanitaire réelle étant en quelque sorte inversement proportionnelle au modèle de la biosécurité mis en place. Plus vous voulez confiner les virus plus ils s’échappent. Voilà, soit dit en passant, une lecture qui aurait pu informer ceux qui ces dernières années se sont crus malins de réclamer au pouvoir plus de confinement des humains de la gigantesque erreur dans laquelle ils s’engouffraient. Les macronistes ont joué de cet antilibéralisme naïf pour réussir à faire le flou entre le nécessaire arrêt des imports/exports du système mondialisé et le confinement des personnes. Or à l’ère du covid, nous avons été confinés non pas pour nous protéger du virus, nous avons été confinés par domination industrielle pure et simple, par ingénierie sociale et prédation financière. La production industrielle carnée et ses dérivés, summum de la réification d’êtres vivants, peut aussi nous éclairer sur le nouveau paradigme de gestion des populations qui est en train de se mettre en place.

En 2020, Lucile Leclair s’est donc attaquée à l’agriculture de firme, sous l’angle sanitaire, en prenant surtout des exemples avant-gardistes dans le Sud-Est asiatique et en les reliant à l’émergence des nouveaux virus, au ravage de la forêt et des communautés paysannes. Entre tous, le cas qui a le plus marqué mon imaginaire de lecteur ce sont les usines à volaille en Indochine, le plus gros exportateur mondial de poussins (voie épidémique majeure). En 2005, à la suite d’une alerte épidémique H5N1 ce sont les gallinacés des basses-cours paysannes qui ont été abattues, 150 millions de poules et poulets issus de millénaires de sélection paysanne. Pendant ce temps-là les élevages industriels n’étaient soumis à aucun test !

A la fin de son petit livre, Lucile Leclair montre les conséquences normatives bien réelles sur des élevages paysans en France et au Canada en 2019-2020. Certains éleveurs étant obligés de confiner leurs animaux de plein air, et de constater la dégradation de leur santé, d’autres d’arrêter leurs élevages, et d’autres encore menant des luttes victorieuses contre les normes, montrant avec brio que l’élevage de plein air et un processus de soin bien pensé contraient efficacement les maladies.

Pour les différentes organisations de l’agriculture paysanne qui œuvrent à installer un million de paysans dans les dix ans5il va falloir continuer l’enquête et trouver quelques subtils moyens pour attaquer ces monstres.

Guillaume Delaite, Sud-Aveyron.

1. Ma lecture à peine terminée, des collègues m’apprennent que Grand Frais commence à se payer des fermes aveyronnaises sur le Lévezou et à Séverac-le-Château.

2. Hold-up sur la terre, Lucile Leclair, Editions Seuil Reporterre, 2022, p. 33.

3. Op. cit, p. 114.

4. Op. cit, p. 82-83.

5. Voir Reprendre la terre aux machines, manifeste pour une autonomie alimentaire et paysanne, Seuil, 2021.

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1 commentaire

  1. Debra

     /  8 juillet 2022

    Très instructif, et effectivement, très préoccupant, avant tout pour ce problème de gigantisme, qui consiste à vouloir que tout soit grand (MACROn)…
    Déjà, il y a des années, je disais à mes amis français que les hypermarchés qu’ils avaient construits n’étaient pas une copie conforme des pratiques américaines. A l’époque où j’ai connu les U.S., et probablement encore maintenant, il n’y avait pas de hypermarchés, mais de supermarchés qui étaient encore… A TAILLE HUMAINE.
    L’hypermarché est une invention française, je le crains.
    Quelques détails : j’ai appris cette année avec stupéfaction que bien avant la Révolution française, et peut-être bien avant la Renaissance, la féodalité n’était pas la règle… en France, si par féodalité on entend UN grand seigneur avec une multitude de serfs qu’on tend à confondre avec les esclaves, parce que la racine latine de « serf » va avec servitude. Mais ce problème nous poursuit depuis longtemps, et ne nous a pas quitté (la servitude), vu que nous avons l’expression « service public » dans la langue française, et cette expression comporte le même mot que « serf », d’où l’idée de… servitude. Essayer de créer un monde sans servitude n’est pas une noble ambition pour moi, vu que des servitudes, il y en aura toujours, mais il peut y avoir de grandes nuances dans leur nature, et la manière de les vivre.
    Pour revenir à l’état de la terre en France avant la Renaissance, Tocqueville fait remarquer qu’il y avait beaucoup de toutes petites parcelles de terre qui étaient assujetties à l’impôt comme les grandes, donc, beaucoup d’agriculture de subsistance, qui est une activité très difficile pour les petits propriétaires… quand l’Etat ponctionne leurs revenus. De manière ironique, ces petites parcelles de terre, en mettant une grande pression sur leurs propriétaires, les rendaient encore plus précaires…
    Encore un détail : dans l’histoire familiale française, j’ai appris qu’il y a trois générations, dans le minuscule village agricole d’où émane une partie de la famille, il était de règle quand on était agriculteur de vivre dans le même village où on avait sa parcelle/ses terres, et ce n’est que petit à petit qu’arrivaient des gens qui exploitaient un champ dans un village où ils n’habitaient pas. C’était un début de… délocalisation, et ces personnes n’étaient pas bien vues. Elles n’étaient pas comme les autres.

    Pour moi, l’article montre le monstre (de gigantisme universel ?) qui veut étendre cette organisation impersonnelle (« neutre » ?) du travail agricole à nos corps, esprits et âmes… défendant.

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