Miguel Amorós, « L’importance actuelle de la Colonne de Fer dans la mémoire de la révolution espagnole »

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Miguel Amorós

L’importance actuelle de la Colonne de Fer
dans la mémoire de la révolution espagnole

Mis en ligne le 4 avril sur le site des Giménologues

 

La réforme convenue du franquisme qui a donné naissance au régime actuel, qualifié de « démocratie » par ses administrateurs, s’est fondée sur l’oubli le plus absolu non seulement du génocide qui a suivi la victoire de Franco dans la guerre, mais aussi de la contre-révolution républicaine qui l’a facilitée. De ce fait, l’histoire récente a été occultée par un pacte de silence entre les héritiers de la Dictature et ceux de la République. Entre les enfants des assassins de Lorca et les descendants de ceux qui ont tué Nin. L’amnésie a servi à légitimer le nouveau régime hybride né en 1977 ; c’est pourquoi le rétablissement véritable de la mémoire devrait inexorablement conduire à sa délégitimation. L’actuel parti de l’ordre fait tout son possible pour que cela ne se produise pas, habillant la mémoire avec un costume fait sur mesure. Ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’Histoire. Mais aucune loi de « mémoire historique » ne pourra réconcilier la barbarie passée avec le présent oublieux, ni jamais intégrer le passé révolutionnaire dans l’ordre établi post-franquiste, à moins de le convertir en crime, tâche à laquelle s’attelle actuellement une poignée d’historiens complices. Mon livre [La Columna de Hierro, Ed. Milvus] relève du point de vue inverse, celui des perdants, dont beaucoup ont payé de leur vie le prix de la défaite. Là seulement on trouvera la vérité.

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