Une lettre de Jean-Claude Michéa à propos du mouvement des Gilets jaunes 

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Jean-Claude Michéa

Une lettre à propos du mouvement
des Gilets jaunes

 

Le 21 novembre 2018

Chers Amis,

Juste ces quelques mots très brefs et donc très lapidaires – car ici, on est un peu débordés par la préparation de l’hiver (bois à couper, plantes et arbres à pailler  etc.). Je suis évidemment d’accord avec l’ensemble de vos remarques, ainsi qu’avec la plupart des thèses de Lieux communs (seule la dernière phrase me paraît un peu faible en raison de son « occidentalisme » : il existe aussi, bien entendu, une véritable culture de l’émancipation populaire en Asie, en Afrique ou en Amérique latine !). 

Le mouvement des « gilets jaunes » (bel exemple, au passage, de cette inventivité populaire que j’annonçais dans Les Mystères de la gauche) est, d’une certaine manière, l’exact contraire de « Nuit Debout ». Ce dernier mouvement, en simplifiant, était en effet d’abord une tentative – d’ailleurs encouragée par une grande partie de la presse bourgeoise – des « 10 % » (autrement dit, ceux qui sont préposés – ou se préparent à l’être – à l’encadrement technique, politique et « culturel » du capitalisme moderne), pour désamorcer la critique radicale du Système, en dirigeant toute l’attention politique sur le seul pouvoir (certes décisif) de Wall Street et des fameux « 1 % ». Une révolte, par conséquent, de ces urbains hypermobiles et surdiplômés (même si une fraction minoritaire de ces nouvelles classes moyennes commence à connaître, ici ou là, une certaine « précarisation ») et qui constituent, depuis l’ère Mitterrand, le principal vivier dans lequel se recrutent les cadres de la gauche et de l’extrême gauche libérales (et, notamment, de ses secteurs les plus ouvertement contre-révolutionnaires et antipopulaires : Regards, Politis, NP“A”, Université Paris VIII etc.). Ici, au contraire, ce sont bien ceux d’en bas (tels que les analysait Christophe Guilluy – d’ailleurs curieusement absent, jusqu’ici, de tous les talk-shows télévisés, au profit, entre autres comiques, du réformiste sous-keynésien Besancenot), qui se révoltent, avec déjà suffisamment de conscience révolutionnaire pour refuser d’avoir encore à choisir entre exploiteurs de gauche et exploiteurs de droite (c’est d’ailleurs ainsi que Podemos avait commencé en 2011, avant que les Clémentine Autain et les Benoît Hamon du cru ne réussissent à enterrer ce mouvement prometteur en le coupant progressivement de ses bases populaires). 

Quant à l’argument des « écologistes » de cour – ceux qui préparent cette « transition énergétique » qui consiste avant tout, comme Guillaume Pitron l’a bien montré dans La Guerre des métaux rares, à délocaliser la pollution des pays occidentaux dans les pays du Sud, selon lequel ce mouvement spontané ne serait porté que par « une idéologie de la bagnole » et par « des gars qui fument des clopes et roulent en diesel », il est aussi absurde qu’immonde : il est clair, en effet, que la plupart des Gilets jaunes n’éprouvent aucun plaisir à devoir prendre leur voiture pour aller travailler chaque jour à 50 km de chez eux, à aller faire leurs courses au seul centre commercial existant dans leur région et généralement situé en pleine nature à 20 km, ou encore à se rendre chez le seul médecin qui n’a pas encore pris sa retraite et dont le cabinet se trouve à 10 km de leur lieu d’habitation. (J’emprunte tous ces exemples à mon expérience landaise ! J’ai même un voisin, qui vit avec 600 € par mois et qui doit calculer le jour du mois où il peut encore aller faire ses courses à Mont-de-Marsan, sans tomber en panne, en fonction de la quantité de diesel – cette essence des pauvres – qu’il a encore les moyens de s’acheter !) Gageons qu’ils sont au contraire les premiers à avoir compris que le vrai problème, c’était justement que la mise en œuvre systématique, depuis maintenant 40 ans, du programme libéral par les successifs gouvernements de gauche et de droite, a progressivement transformé leur village ou leur quartier en désert médical, dépourvu du moindre commerce de première nécessité, et où la première entreprise encore capable de leur offrir un vague emploi mal rémunéré se trouve désormais à des dizaines de kilomètres (s’il existe des « plans banlieues » – et c’est tant mieux – il n’y a évidemment jamais eu rien de tel pour ces villages et ces communes – où vit pourtant la majorité de la population française – officiellement promis à l’extinction par le « sens de l’histoire » et la « construction européenne » !). 

Ce n’est donc évidemment pas la voiture en tant que telle – comme « signe » de leur prétendue intégration dans le monde de la consommation (ce ne sont pas des Lyonnais ou des Parisiens !) – que les Gilets jaunes défendent aujourd’hui. C’est simplement que leur voiture diesel achetée d’occasion (et que la Commission européenne essaye déjà de leur enlever en inventant sans cesse de nouvelles normes de « contrôle technique ») représente leur ultime possibilité de survivre, c’est-à-dire d’avoir encore un toit, un emploi et de quoi se nourrir, eux et leur famille, dans le système capitaliste tel qu’il est devenu, et tel qu’il profite de plus en plus aux gagnants de la mondialisation. Et dire que c’est d’abord cette gauche kérosène – celle qui navigue d’aéroport en aéroport pour porter dans les universités du monde entier (et dans tous les « Festival de Cannes ») la bonne parole « écologique » et « associative » qui ose leur faire la leçon sur ce point ! Décidément, ceux qui ne connaissent rien d’autre que leurs pauvres palais métropolitains n’auront jamais le centième de la décence qu’on peut encore rencontrer dans les chaumières (et là encore, c’est mon expérience landaise qui parle !).

La seule question que je me pose est donc de savoir jusqu’où un tel mouvement révolutionnaire (mouvement qui n’est pas sans rapport, dans sa naissance, son programme rassembleur et son mode de développement, avec la grande révolte du Midi de 1907) peut aller dans les tristes conditions politiques qui sont les nôtres. Car n’oublions pas qu’il a devant lui un gouvernement thatchérien de gauche (le principal conseiller de Macron est d’ailleurs Mathieu Laine – un homme d’affaires de la City de Londres et qui est, en France, le préfacier des œuvres de la sorcière Maggie), c’est-à-dire un gouvernement cynique et impavide, qui est clairement prêt – c’est sa grande différence avec tous ses prédécesseurs – à aller jusqu’aux pires extrémités pinochetistes (comme Maggie avec les mineurs gallois ou les grévistes de la faim irlandais) pour imposer sa « société de croissance » et ce pouvoir antidémocratique des juges, aujourd’hui triomphant, qui en est le corollaire obligé. Et, bien sûr, sans avoir quoi que ce soit à craindre, sur ce plan, du servile personnel médiatique français. Faut-il rappeler, en effet, qu’on compte déjà 3 morts, des centaines de blessés, dont certains dans un état très critique. Or, si ma mémoire est bonne, c’est bien à Mai 68 qu’il faut remonter pour retrouver un bilan humain comparable lors de manifestations populaires, du moins sur le sol métropolitain. Et pour autant, l’écho médiatique donné à ce fait effarant est-il, du moins pour l’instant, à la hauteur d’un tel drame ? Et qu’auraient d’ailleurs dit les chiens de garde de France Info si ce bilan (provisoire) avait été l’œuvre, par exemple, d’un Vladimir Poutine ou d’un Donald Trump ? 

Enfin, last but not the least, on ne doit surtout pas oublier que si le mouvement des Gilets jaunes gagnait encore de l’ampleur (ou s’il conservait, comme c’est toujours le cas, le soutien de la grande majorité de la population), l’État benallo-macronien n’hésitera pas un seul instant à envoyer partout son Black Bloc et ses « antifas » (telle la fameuse « brigade rouge » de la grande époque) pour le discréditer par tous les moyens, où l’orienter vers des impasses politiques suicidaires (on a déjà vu, par exemple, comment l’État macronien avait procédé pour couper en très peu de temps l’expérience zadiste de Notre-Dame-des-Landes de ses soutiens populaires originels). Mais même si ce courageux mouvement se voyait provisoirement brisé par le PMA – le Parti des médias et de l’argent (PMA pour tous, telle est, en somme, la devise de nos M. Thiers d’aujourd’hui !) ; cela voudra dire, au pire, qu’il n’est qu’une répétition générale et le début d’un long combat à venir. Car la colère de ceux d’en bas (soutenus, je dois à nouveau le marteler, par 75 % de la population – et donc logiquement stigmatisé, à ce titre, par 95 % des chiens de garde médiatiques) ne retombera plus, tout simplement parce que ceux d’en bas n’en peuvent plus et ne veulent plus. Le peuple est donc définitivement en marche ! Et à moins d’en élire un autre (selon le vœu d’Éric Fassin, cet agent d’influence particulièrement actif de la trop célèbre French American Fondation), il n’est pas près de rentrer dans le rang. Que les Versaillais de gauche et de droite (pour reprendre la formule des proscrits de la Commune réfugiés à Londres) se le tiennent pour dit !

Très amicalement,
JC 

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3 Commentaires

  1. Professor K

     /  26 novembre 2018

    Texte très intéressant !
    Je vous livre l’analyse du professeur K, de dimanche matin:

    Jusqu’à maintenant, le mouvement des gilets jaunes n’a fait aucune faute, ou bénignes, à mon modeste avis . Normal qu’il y ait de la pluralité dans les manifestations et dans les revendications : il se cherche . Et la pluralité est sa philosophie . Tant mieux !
    On peut quand même remarquer une certaine unité de base, dans l’ action générale, et bien sûr celle, inventive, du costume .

    Arrive le piège : aller à Paris !
    Dans l’espoir de toucher de plus près le gouvernement et les médias .
    Espoir illusoire :
    A Paris, il faudrait que les gilets jaunes soient 1 million ou plus pour faire évènement ; et comme ils ne le seront pas, cela ne contribuera qu’à enlever des militants de base à leurs bases, justement, où ils seraient plus utiles ;
    A Paris, le gouvernement peut multiplier les chausses-trappes ;
    A Paris, les médias nationaux menteurs peuvent agir à leur guise et isoler des manifestants loin de leurs copains/concitoyens pour essayer de leur faire dire n’importe quoi ;
    A Paris, il y a les casseurs qui n’attendaient que ça ; alors que dans une petite ou moyenne commune, ils sont vite repérés et court-circuités ;
    A Paris, ce n’est plus un mouvement de la France périphérique qui est représenté : la France périphérique se représente chez elle, avec les proches et les collègues ;
    A Paris, les récupérateurs idéologiques sont chez eux, prêts à tout exploiter ;
    A Paris, cette France inconnue ( profonde ) fait moins peur ;
    A Paris, les rêves fous grossissent ( destituer Macron etc ) et retombent vite, entraînant une retombée générale de l’enthousiasme .

    Deuxième piège, qui s’installait avant ces voyages à Paris : le maximalisme des revendications .
    C’était bien, au début, pour faire peur .
    Mais il faut savoir se recentrer .
    Plus les revendications sont larges et nombreuses, plus elles créent de la division chez les militants et dans le public symphatisant .

    Il faut donc, toujours à mon modeste avis :
    – rester près de chez soi et mobiliser le maximum de collègues ;
    – poser une revendication de base, forte mais possible à obtenir : celle de la suppression des nouvelles taxes est dans ce cas . Ce sera difficile, le gouvernement ne voulant pas donner de signes de faiblesses, mais moins quand même que d’obtenir la démission de Macron ou la dissolution de l’Assemblée ou je ne sais quoi d’autre ;
    – multiplier les actions mobilisatrices  » bon enfant  » : bien sûr continuer à bloquer, mais sans embêter les gens trop longtemps, occulter les radars, multiplier les opérations  » gratuité des péages  » et autres dans ce genre, toutes celles qui gênent plus l’Etat et les grandes sociétés que le pékin de base ; pourquoi pas aller même jusqu’à des opérations  » on vous lave la voiture gratis à tel endroit, occasion de nous parler « , comme je l’avais proposé en 68 ( insulté par les gauchos ) ? . Il y a beaucoup de chose à inventer, là, qui démontreront que la dite France profonde a plus d’imagination que les communiquants des partis et des pouvoirs ( je me tiens à votre disposition pour vous en donner des tonnes, si vous me le demandez ) .

    On vous dira :  » c’est une régression, même en admettant que nous gagnions, ils supprimeront les taxes et les remettront ailleurs, bien soulagés d’avoir passé cette épreuve, et il y aura toujours les autres problèmes  »
    A mon toujours humble avis, une victoire modeste serait une grande victoire si on apprend à la gérer .
    En effet, la population qui symphatise avec les gilets, et les gilets eux-mêmes, vont se dire que quand l’union reste forte, on peut obtenir des résultats . Donc que le plus important est chaque fois de faire l’union la plus large . Donc que c’est ce qu’il faut apprendre à faire .
    Les récupérateurs, les provocateurs, les illusionnés et les illusionnistes essayeront, bien vite, dans ce cas, de lancer d’autres opérations « gilets jaunes « , dans tous les sens .
    Les vrais gilets jaunes ( reconnaissables au fait que 72%de la population les approuvent ) ne s’y laisseront pas prendre, et sauront, forts de leur expérience, attendre les bons moments – où les construire – pour remonter une autre opération . Ainsi ils deviendront le premier des contre-pouvoirs .

    Amen !

    Signé : Professor K ( dans les choux ) .

    Aimé par 1 personne

    Réponse
  2. Professor K

     /  26 novembre 2018

    Suite du professor k, plus tard dans la journée de dimanche :

    Je confirme et renforce mon propos antérieur après ce qui s’est passé à Paris : seule la recherche de la solidarité locale de chacun chez soi ( dans son quartier, sa commune, son canton, à son travail, chez les commerçants etc ), plurielle et multiple, peut construire un mouvement .
    Les tentatives de mettre des foules au même endroit sont une illusion ( pratiquement et politiquement ) : échecs certains pour le nombre de gens suffisants, manipulations diverses, rêveries funestes .
    Les médias et les pouvoirs seront plus débordés par des milliers de petites actions partout, si elles sont à la fois sérieuses, sympathiques et inventives . Et le spectacle sera partout !
    Elles seront sérieuses parce que face à son voisin, son boulanger etc, les fariboles utopiques ne passeront pas et qu’il faudra que tout le monde réfléchisse concrètement aux problèmes de toutes sortes .
    Elles seront sympathiques (  » bon enfant  » comme certains l’ont bien dit ) car face aux mêmes ce n’est pas l’esbroufe et l’agressivité qui ont la moindre chance de passer . Il faut être encore plus  » bon enfant  » . Le meilleur enfant possible .
    Elles seront inventives car ce sera le seul moyen pour chaque groupe local de signifier qu’il existe, à sa façon . Et de rassembler chez lui le maximum de gens bien ( que les snobs et les va-t’en guerre se désolent ! ) .
    L’humour doit être au rendez-vous, pour attirer la bienveillance chez soi et dans tout le pays .
    C’est un grand concours d’imagination créatrice plurielle que ce mouvement doit lancer partout, pour que la population dise la vérité de ce qu’elle est ( contre les rumeurs intéressées et les insultes ), de ce qu’elle vit et de ce qu’elle veut vivre, face aux vérités de l’Etat et de ses stipendiés .

    Ce mouvement doit être ( il l’est déjà pas mal ) exactement le contraire de Nuit Debout .

    C’est sa dispersion dans tout le pays, sa pluralité, son indépendance globale vis-à- vis des partis, syndicats et autres mouvements, c’est l’indépendance de chaque groupe local vis-à vis des autres, qui est la nature de ce mouvement sans chefs, sans porte-paroles officiels, sans idéologues brevetés, sans stars . Et c’est ce qui fait peur à tous les pouvoirs, de quelque espèce qu’ils soient .

    Amen ! ( bis repetita…)

    Aimé par 1 personne

    Réponse
  3. LC

     /  27 novembre 2018

    Les considérations qui suivent, pour fondamentales qu’elles soient, ne sauraient occulter notre évident et large accord avec les propos que J. C. Michéa formule ici et, surtout, l’urgence de la situation présente.

    Quelques mots sur l’« occidentalisme » que l’auteur reproche à la dernière phrase de notre tract, en nous rétorquant qu’ « il existe aussi, bien entendu, une véritable culture de l’émancipation populaire en Asie, en Afrique ou en Amérique latine ! ».

    Il est étonnant qu’un pourfendeur si talentueux du politiquement correct et du relativisme ambiant comme l’est J. C. Michéa cède à son tour à cette facilité idéologique.
    Car, enfin, pourquoi les tenants de cette position ne cessent-ils de se réclamer presque exclusivement que de penseurs, de théoriciens, d’auteurs, de militants, d’œuvres, de courants, de comportements, d’événements, de révolutions, etc. d’origine exclusivement occidentale, sinon par un même « occidentalisme » honteux malgré leur internationalisme affiché ? Et pourquoi les rares références qui échappent à cette règle d’airain sont-elles, dans leur écrasante majorité, inspirées historiquement de ce même Occident ? Et pourquoi, enfin, les quelques authentiques tentatives de briser la clôture traditionnelle ou religieuse qui ont existé dans les millénaires d’histoires arabo-musulmane, asiatique, africaine, slave ou amérindienne, pour aussi admirables qu’elles aient été, sont-elles restées si éphémères, si confinées et sans réelle postérité ?

    Bien sûr on peut, il faut, invoquer la « common decency », des cultures subtiles ou des traditions plus ou moins admirables, bref des héritages inestimables à conserver. Mais alors la question se déplace sur ce que l’on appelle l’émancipation ou, pour reprendre le terme de Cornelius Castoriadis, l’autonomie individuelle et collective. Celle-ci n’est pas arrachement (anomie) mais pas plus enfermement (hétéronomie) dans le déjà-là, mais plutôt capacité d’instituer, donc possibilité effective pour le plus grand nombre de changer, ou pas, l’existant — c’est-à-dire choix, au sens le plus profond. Telle est, pour nous, la visée ultime de la démocratie directe.

    La question mériterait de bien plus amples développements. On en trouvera quelques-uns sur notre site, notamment dans « Politique, démocratie, valeurs occidentales » ; « La confusion occidentale » ; « Nous, immigrés arabes, face à nos choix politiques » ; « Grèce : L’impasse anthropologique » ; « Notes de lecture sur « Orient-Occident. La Fracture imaginaire », de Georges Corm » ; etc.

    Pour finir sur notre travail le plus récent, « L’horizon impérial », il est entièrement fondé sur les thèses d’Ibn Khladoun, penseur musulman médiéval, que nous pensons indispensables pour comprendre, justement, la fin du projet d’autonomie occidental. Hic Rhodus, hic salta !

    LC

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